• Chapitre 8

    Chapitre 10.

    «La sagesse, c’est permettre à autrui d’être différent de soi» – T.L.

    Playlist :https://www.youtube.com/watch?v=3jBB9aoqfU4


    ~
    Après ce spectacle improvisé, tout s'enchaîne très vite. Les gens viennent nous voir pour nous féliciter, les compliments fusent et j'essaie de répondre avec un minimum de franchise. A côté de moi, lui semble très facilement gérer la situation, comme si il avait l'habitude de recevoir autant d'attention. Peu à peu, la piste se ré-emplis et les gens nous oublient. Je repose donc le pied sur la glace, et malgré mes jambes lourdes et la fatigue qui se lit sur mon visage pâle, je m'aventure avec entrain sur le givre froid et patine en continu pendant les deux bonnes heures qui suivent. Et quand le zamboni me vire de la piste, c'est dépité que je constate qu'il est déjà 20 heures. Je récupère mes affaires, toutes froissées après avoir passé de si longue heures dans le petit casier confiné et étroit et grime d'un pas léger les petits escaliers de bois. Lorsque je pousse la porte de l'accueil, je ne peut retenir un frisson. Je me prend donc un petit chocolat chaud, d'en l'espoir de me ravigoter et je prend la route de chez moi tranquillement, ma boisson chaude à la main.
    Lorsque je franchit le seuil de la maison, je suis trempée. En effet, la neige fine qui était tombée hier s'est transformée en pluie battante. Je retire mes chaussures et monte me changer, ne jetant qu'un furtif coup d'oeil au énième mot d'excuse de ma mère, qui m'annonce que -comme d'habitude- elle rentrerait très tard. Je soupire. Encore une soirée pleine de solitude qui s'annonce. L'évocation du mot soirée fait ressurgir un souvenir d'une fête que ma mère avait donné ici, juste avant la reprise des cours, cet été. Plusieurs de ces collègues s'étaient étonnés de ma froideur et avait constatés que j'était très distante avec ma mère. Je les avaient rembarrés en leur criant, hurlant presque, que je n'allais certainement pas attendre jusqu'à une heure et demie du matin rien que pour lui souhaiter une bonne nuit, ou que j'allais me lever à cinq heures pour lui souhaiter bonne journée. Depuis cette évènement, ma mère n'a jamais refait de fêtes à la maison. Malgré le fait que je lui en veuille énormément pour tout ce qu'elle a fait, je sait qu'elle travaille dur pour joindre les deux bouts. Mais au bout de 2 ans de vie à deux, je commence à me lasser de lui trouver sans cesse des excuses. Je réfléchit à cela sous les pommeau brulant de la douche, je sent les gouttes chaudes s'écraser sur mon corps vulnérable. Je pense à lui. Je ne connaît même pas son prénom et il me prête sa veste parce que j'ai froid. C'est parfaitement insensé. Je suis à des années lumières de son niveau. Je jette un coup d'oeil à mon ventre, trop gros, trop gras, selon moi.
    Enroulée dans ma serviette humide, je scrute mon visage dans la vitre impeccable de la salle de bain. Je regarde tout, et je prête attention à tout les petits détails. Je me trouve horrible : Mon nez gras, mes yeux trop écartés, mes joues trop rondes et mon menton trop prononcé. A l'époque des vraies discussion avec ma mère, quand je devait avoir 10 ou 11 ans et que je me plaignais de rien recevoir à la Saint Valentin parce que j'étais trop laide, ma mère me répétait toujours que je n'étais pas moche, seulement que mon visage avait quelque chose de particulier. Je me souvient qu'aveuglément, je la croyais et que je m'endormais entre le creux de son cou alors qu'elle me fredonnait doucement : " Ce sera pour l'année prochaine" et quand je me réveillait, j'étais dans mon lit, et j'avais juste le temps de distinguer la silhouette de ma mère qui disparaissait dans l'entrebaillement de ma porte grinçante. Je me souvient que je souriais et que je m'endormais en pensant que ce sera bel et bien pour l'année prochaine.
    Mais quand mon père à quitté la maison, j'ai réalisé que je n'aurait jamais la carte tant attendue depuis mon enfance.


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